Né le 15 Novembre 1945 à Rahbet Ghnem à Tunis, Sadok Sassi découvre que le football est son unique passion et une véritable vocation. Dès l'âge de deux ans, il perd son père et, avec l'émigration de son frère Brahim en France où il a exercé son talent de footballeur, il se retrouve livré à lui même et à sa passion. A travers les terrains de Sejourni, Morkadh et Rahbet Ghnem (baptisée plus tard Place du Leader), il se forge un talent et beaucoup de caractère. Il croise Diwa et son football avant-gardiste et s'attache au ST. Mais, en 1958, sous l'influence du milieu, il signe une licence minime au CA, impressionne d'emblée Fabio et abandonne ses études au profit du football et du CA. Le ballon et la cage deviennent ses principaux repères, voire son point d'équilibre. A dix-sept ans, il concurrence sérieusement son idole, Zarga. Il dispute son premier match en 1962-63 face à lEtoile, victorieuse à Tunis grâce à un but de Mohsen Zlassi. Puis concède une nouvelle défaite dans un autre classique, le 25 Février 1963, face à l'Espérance.
Ce jour là, le CA, diminué, s'incline sur un but de Ouakâa. C'est la saison des débuts et de l'alternance avec Zarga lequel disputait sa dernière saison en Tunisie. L'émulation est très bénéfique pour le jeune Attouga heureux de se mesurer à son idole. Le duel fraternel prend fin avec le retour de Abdelkader Ghalem dit Zarga à son Algérie d'origine. Désormais, sans rival au CA, il ne lui restait qu'à conquérir la sélection où Kanoun, son aîné de sept ans, semble solide au poste. C'est plutôt un argument supplémentaire qui excite la motivation et l'ambition du jeune Attouga lequel se retrouve récompensé par André Gérard. Celui-ci l'aligne face au Ghana à Accra même dans une ambiance africaine qui ne lui était réellement pas familière. Attouga encaisse un but à la 9ème minute, mais surmonte son trac, résiste et savoure le but de Jedidi qui offre le nul à la Tunisie.
Ces débuts prometteurs annoncent dés lors une carrière internationale exceptionnelle. Attouga se soumet à l'alternance avec Kanoun durant deux ans. Mais, à partir de 1965, il ne laissera aucune faille aux autres, devenant indétrônable et la référence majeure non seulement en Tunisie mais dans toute l'Afrique et le monde arabe où les talents ne manquent pas avec Allal, Ankrah, Matsima et Kazadi. Au demeurant, la sélection d'Afrique qui disputera la mini Coupe du Monde en 1972 au Brésil s'appuiera sur Attouga dans les but. Ce dernier aura déjà sa dixième saison et avait atteint la maturation qui le propulsa jusqu'aux sommets.
Le palmarès de Attouga commence à se garnir dès 1963-64 avec le premier titre de champion remporté par le Club Africain. Attouga et sa défense n'encaissent que dix buts et ne concèdent que deux défaites. Ils faillirent récidiver une année plus tard mais le ST les coiffe au poteau et les oblige à se rabattre sur la Coupe. Attouga doit réussir ce rendez-vous face à l'ASM. La première édition ne départage pas les protagonistes. La seconde est probante et il remporte, enfin, sa première coupe.